Alors que la Commission européenne prépare sa future stratégie pour la formation professionnelle (EFP), attendue d’ici la fin de l’année 2026, une initiative est née au Parlement européen pour changer de méthode : ne plus parler des élèves de la formation professionnelle sans eux. Le 30 janvier 2026, la députée européenne Brigitte Van den Berg y lançait le VET Students Advisory Board, un conseil consultatif qui, pour la première fois, place les élèves de l’EFP au cœur des débots européens sur leur propre formation.
L’Europe traverse des transitions énergétiques et numériques sans précédent, qui reposent largement sur des compétences techniques aujourd’hui en tension. La future stratégie EFP de la Commission européenne — actuellement en consultation — devra répondre à un défi de taille : rendre les parcours de formation professionnelle plus attractifs, mieux reconnaître les diplômes de l’EFP d’un pays à l’autre et généraliser les opportunités de mobilité européenne, notamment via Erasmus+.
Le secteur de la formation professionnelle attend beaucoup de ce rendez-vous. Les besoins en compétences qualifiées explosent — de l’énergie aux technologies numériques — et l’Europe ne pourra réussir ses transitions sans une génération de professionnels formés, mobiles et valorisés.
C’est dans ce contexte que la députée néerlandaise Brigitte Van den Berg, engagée de longue date sur les questions de compétences, a choisi de passer à l’action. Son constat : les politiques de formation professionnelle se décident trop souvent sur les élèves sans avec eux. Sa réponse : le VET Students Advisory Board, un conseil consultatif d’élèves de la formation professionnelle, qui réunira ses membres deux fois par an au Parlement européen.
Ce conseil contribuera à un rapport commun portant sur trois chantiers essentiels : la meilleure reconnaissance des diplômes de l’EFP, l’attractivité des parcours de formation professionnelle et la promotion d’Erasmus+ pour les élèves de l’EFP.
Le lancement a réuni élèves et expert·es de la formation professionnelle en Europe, avec le soutien de l’écosystème néerlandais de l’EFP. La secrétaire générale d’EuropeOn, Julie Beaufils, y a rappelé l’urgence d’attirer davantage d’élèves vers ces filières, en particulier celles et ceux dotés de compétences techniques fortes, pour soutenir les transitions européennes. Elle a également présenté une bonne pratique venue des Pays-Bas : la campagne « De makers van morgen » (« Les faiseurs de demain »), qui valorise les métiers techniques auprès de la nouvelle génération.
L’idée d’associer directement les jeunes concernés aux décisions qui les touchent n’est pas une utopie : elle s’est déjà concrétisée dans l’hémicycle. Les jeunes ruraux s’y sont prêtés avec succès dans le cadre du projet CONNECT-R, en co-construisant et en présentant un plaidoyer aux décideurs européens — une expérience qui a démontré leur capacité, et leur volonté, d’investir ce type d’espaces de dialogue.
Le VET Students Advisory Board prolonge ce mouvement : une parole directe, régulière et institutionnalisée. Le signal est clair — les élèves de la formation professionnelle ne sont plus seulement un sujet de politique publique, ils en deviennent des co-auteurs.

