Après deux années d’expérimentation, de rencontres et de dialogue, le projet Erasmus+ Jeunesse PEACE – Promouvoir Ensemble des Actions Collectives pour une Europe de la Paix arrive à son terme. Plus qu’un projet, PEACE aura constitué un véritable laboratoire de participation citoyenne, permettant à des centaines de jeunes issus de territoires ruraux de débattre, proposer et agir sur les grands enjeux qui traversent aujourd’hui nos sociétés. De la réflexion locale jusqu’au Parlement européen, cette aventure collective a démontré qu’une autre parole sur l’Europe existe : celle des jeunes ruraux.
Le projet PEACE s’est construit à partir d’un constat simple : les jeunes des territoires ruraux sont souvent éloignés des espaces de décision et de participation, alors même qu’ils ont beaucoup à dire sur les enjeux qui concernent leur avenir.
Pendant deux ans, des jeunes issus de plusieurs régions françaises se sont réunis pour échanger autour d’une question centrale : que signifie construire une paix durable aujourd’hui ? À travers des ateliers, des débats et des temps de co-construction, ils ont exploré les liens entre paix, citoyenneté, engagement, dialogue interculturel, inclusion et développement durable. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions d’Éducation aux Mondes et aux Autres (EMA) menées par les MFR ainsi que dans les dynamiques européennes de participation des jeunes.
Point d’orgue du projet, le Festival de la Jeunesse Rurale Engagée pour la Paix a réuni près de 120 jeunes au Parlement européen de Strasbourg. Durant plusieurs jours, les participants ont débattu dans les conditions d’un véritable exercice démocratique. Répartis en groupes de travail, ils ont élaboré, amendé puis voté un plaidoyer commun autour de trois grandes dimensions :
- la paix avec soi ;
- la paix avec les autres ;
- la paix avec le monde.
De ces échanges sont nées neuf recommandations destinées à renforcer la participation des jeunes, favoriser la mobilité européenne, développer le dialogue interculturel, reconnaître l’engagement citoyen et encourager des territoires plus inclusifs et durables. Les jeunes ont ensuite présenté leurs propositions à des responsables institutionnels et à des décideurs, démontrant leur capacité à contribuer aux débats européens sur des sujets majeurs pour l’avenir des territoires.
Au-delà des chiffres, PEACE a produit des effets concrets sur les participants. Les évaluations réalisées tout au long du projet montrent une progression significative de la confiance en soi, de la prise de parole en public et du sentiment de légitimité à participer aux débats démocratiques. De nombreux jeunes déclarent mieux comprendre le fonctionnement des institutions européennes, mais aussi se sentir davantage capables d’agir dans leur territoire. Pour certains, cette expérience a constitué une première étape vers d’autres formes d’engagement : participation à des conseils de jeunes, implication associative, démarches de plaidoyer ou projets européens.
Les équipes éducatives soulignent également l’émergence de nouvelles dynamiques dans les établissements, avec une place croissante accordée à la représentation des jeunes et à la participation citoyenne.
La clôture de PEACE ne marque pas la fin de l’aventure. Le projet a directement contribué à la naissance de CONNECT-R, nouvelle initiative Erasmus+ qui a permis d’organiser en 2026 une rencontre européenne réunissant des jeunes ruraux de plusieurs pays au Parlement européen de Strasbourg. Cette nouvelle étape confirme l’intérêt des jeunes pour ces espaces de dialogue et renforce l’ambition du mouvement MFR de développer durablement les démarches de participation citoyenne à l’échelle locale, nationale et européenne.
Au-delà des événements, PEACE laisse un héritage plus profond : celui d’une jeunesse rurale qui prend confiance dans sa capacité à débattre, à proposer et à contribuer aux grands défis de son temps. Car si la paix se construit dans les institutions, elle se construit aussi dans les territoires, au plus près des citoyens. Et les jeunes ruraux ont démontré qu’ils avaient toute leur place dans cette construction collective.

