À l’heure où l’Union européenne affirme des priorités fortes en matière d’inclusion, de cohésion territoriale et de mobilité d’apprentissage pour toutes et tous, le réseau des Maisons Familiales Rurales publie un rapport d’enquêtes d’impact 2024–2025 consacré aux mobilités de formation professionnelle dans le cadre du programme Erasmus+.
Ce document apporte un éclairage concret et documenté sur la manière dont les mobilités européennes contribuent, au quotidien, aux grandes ambitions européennes, en cohérence avec les Objectifs de développement durable et les politiques en faveur de l’égalité des chances.
Réalisé à partir des données recueillies auprès de neuf consortiums Erasmus+ de fédérations MFR en France, ce rapport analyse les effets des mobilités européennes sur les jeunes, les familles, les équipes éducatives et les territoires. Il s’inscrit dans une démarche engagée depuis plus de dix ans par l’Union nationale des MFR autour de l’évaluation qualitative et de l’impact des actions menées. L’ambition est claire : dépasser une lecture strictement quantitative des mobilités pour mieux comprendre les transformations profondes qu’elles génèrent — dans les parcours individuels comme dans les dynamiques collectives.
Chaque année, le réseau des MFR permet à plus de 4 500 jeunes et 1 200 membres du personnel de vivre une expérience de mobilité européenne. À ce titre, les MFR s’affirment comme un acteur clé de la formation professionnelle dans le cadre du programme Erasmus+.
Les enquêtes menées auprès des jeunes, des familles, des accompagnateurs et des personnels convergent vers un constat partagé : la mobilité internationale, lorsqu’elle est pensée, préparée et accompagnée collectivement, est un puissant levier de transformation. Les résultats du rapport mettent en évidence :
- des gains significatifs pour les jeunes en matière d’autonomie, de confiance en soi, d’ouverture au monde, de sens des responsabilités et d’employabilité, en particulier pour des publics qui n’auraient pas eu accès à l’international sans l’engagement des MFR ;
- une évolution des pratiques pédagogiques et une montée en compétences des équipes, nourries par l’échange européen et l’expérimentation ;
- le renforcement de réseaux de coopération durables, associant établissements, familles, entreprises, accompagnateurs et partenaires européens, avec des effets positifs bien au-delà du temps du séjour.
Ces dynamiques contribuent à irriguer les territoires ruraux et à renforcer leur capacité à s’inscrire dans les transitions éducatives, sociales et professionnelles en cours. Ce rapport confirme le choix stratégique porté par l’Union nationale des MFR : faire de la mobilité un droit effectif pour les jeunes des territoires ruraux, et non une opportunité réservée à quelques-uns. Il montre également que les mobilités Erasmus+ ne constituent pas une fin en soi, mais un outil structurant au service :
- de l’autonomie et du pouvoir d’agir des jeunes,
- de l’innovation pédagogique,
- du dialogue entre acteurs éducatifs, économiques et territoriaux,
- et de la contribution des MFR aux politiques européennes de formation tout au long de la vie, d’inclusion et de cohésion territoriale.
Au-delà de l’état des lieux, ce rapport trace des perspectives. Il invite à franchir une nouvelle étape : mieux articuler les mobilités avec les politiques éducatives et territoriales, approfondir le travail en réseau, et intégrer encore davantage les enjeux de transition écologique, de participation citoyenne et de lutte contre les discriminations.
L’ambition est claire pour les années à venir : faire des mobilités européennes un élément structurant des parcours de formation et des projets de territoire, et non des parenthèses exceptionnelles. Ce rapport constitue ainsi une base solide de dialogue avec les institutions, les collectivités et les partenaires européens, afin de co-construire une nouvelle génération de dispositifs territoriaux multi-acteurs au service de la jeunesse et des territoires ruraux.

