L’actualité récente d’Euro App Mobility (EAM) confirme une tendance de fond : la mobilité internationale des apprentis s’impose progressivement comme un enjeu stratégique pour l’enseignement et la formation professionnels (EFP), en lien direct avec la construction d’un véritable Espace européen de l’apprentissage.
Sensibiliser les employeurs : une condition clé
Le 7 décembre 2025, en partenariat avec le CCCA-BTP, EAM a organisé au CFA BTP Marne à Reims la 6ᵉ rencontre du Club des Employeurs pour un espace européen de l’apprentissage. Cette réunion, rassemblant des acteurs clés de la filière BTP, avait pour objectif de sensibiliser les employeurs à l’intégration de périodes de mobilité internationale dans les parcours d’apprentissage. L’enjeu est clair : sans l’adhésion et l’implication des entreprises, la mobilité des apprentis ne peut devenir une pratique structurante. Le Club des Employeurs offre ainsi un espace de dialogue entre CFA, branches professionnelles et acteurs européens, afin d’ancrer la mobilité dans les réalités économiques des territoires. La prochaine rencontre du Club se tiendra le 3 mars à la MFR de Neuvy-le-Roy (Centre-Val de Loire), confirmant l’inscription de cette dynamique au plus près des établissements.
Faire entendre la voix des apprenants auprès des institutions européennes
Le 30 janvier, Jean Arthuis a participé au lancement du “VET Student Advisory Board”, une instance consultative créée par la députée européenne Brigitte van den Berg. Cette initiative vise à réduire l’écart entre les apprenants de l’EFP et les politiques européennes qui les concernent. Elle marque une reconnaissance croissante du rôle des jeunes en formation professionnelle dans l’élaboration des politiques européennes. Pour rendre l’EFP plus international et plus attractif, la coopération entre apprentis, CFA, entreprises et autorités publiques doit être renforcée. La Coalition européenne pour la mobilité des apprentis, portée par EAM, agit précisément dans cette logique de plaidoyer et de coordination européenne.
Des recommandations européennes qui confortent l’action des réseaux
Le Cedefop, agence européenne de référence sur la formation professionnelle, a récemment publié une analyse des dispositifs d’incitation à l’apprentissage. L’étude identifie trois leviers majeurs pour favoriser la mobilité internationale des apprentis :
- Encourager les employeurs par des arguments non financiers (attractivité, compétences, ouverture internationale) ;
- Simplifier les cadres réglementaires afin de faciliter l’accès aux financements ;
- Cibler prioritairement les secteurs et publics en tension.
Ces orientations rejoignent les préoccupations des réseaux d’EFP, notamment dans les territoires ruraux, où la mobilité peut constituer un levier d’attractivité, de montée en compétences et de réponse aux besoins économiques locaux.
Vers un véritable Espace européen de l’apprentissage
Le 15 octobre dernier, l’événement “Towards the European Apprenticeship Area”, organisé à la Sorbonne dans le cadre de la clôture du projet Mona, a rappelé l’ambition européenne de structurer un espace commun de l’apprentissage, articulant mobilité, reconnaissance des compétences et coopération renforcée entre États membres. Pour les établissements et réseaux engagés dans la formation professionnelle — dont les MFR — ces évolutions ouvrent des perspectives concrètes :
- renforcer les partenariats européens ;
- structurer la mobilité des apprentis dans les parcours ;
- positionner les territoires ruraux comme acteurs à part entière de l’EFP européenne.

