L’économie régénérative, un nouveau regard porté sur le développement des territoires et la place des MFR

Années après années, nos systèmes de mesure des températures se précisent et, force est de constater que les moyennes annuelles ne baissent pas, bien au contraire, nous pulvérisons nos records de chaleurs. Le hause des températures n’est pourtant qu’un indicateur parmi d’autres des atteintes que notre humanité porte au monde du vivant. En effet, la biodiversité marine et terrestre s’effondre, les ressources halieutiques s’épuisent sans avoir la possibilité de se régénérer et, sans oublier les ressources non-renouvelables. Or, tout l’enjeu pour les années à venir est de tenter de circonscrire autant que possible ces dommages causés à l’environnement à la capacité de celui-ci à se régénérer.

Longtemps accusés de ne pas avoir pris en compte les dégâts causés à l’environnement, les économistes ont, depuis les années 90, partiellement intégrés l’environnement dans leurs analyses. Ainsi, d’un simple traitement des pollutions comme étant des « effets externes négatifs » du fonctionnement du marché, les courants comme ceux de la bioéconomie ou encore de l’économie symbiotique appelé aussi économie régénérative constituent autant de nouveaux points d’appui pour tenter de saisir l’ampleur du problème afin de le résoudre en réorganisant nos économies.

L’économie régénérative possède une capacité particulièrement intéressante d’interroger le sens même de la discipline économique. Elle permet de passer de la base d’une discipline permettant l’affectation des moyens entre des ressources toujours trop rares, à une discipline dont l’essence même est de permettre de démultiplier les utilités économiques, mais aussi sociales tout en restaurant les écosystèmes environnementaux.

Depuis, notamment, d’Isabelle Delannoy (2016)1, les travaux menés autour de l’économie régénérative ou symbiotique peuvent constituer les pierres angulaires dans l’analyse du développement territorial. En effet, traduit au niveau local, l’économie régénérative permet notamment de construire une batterie d’indicateurs adaptés à chaque territoire qui en retour rend compte d’une dynamique « régénérative » de l’économie locale.

Concrètement, les espaces locaux de formations comme les MFR mais aussi d’autres partenaires de la formation, peuvent contribuer à l’économie régénérative en mettant en place des formations qui conduisent à des compétences spécifiques territoriales qui permettent aux territoires d’engager véritablement les transitions sociales et environnementales. Pour appuyer une démarche telle que l’alignement des stratégies de formations aux principes de l’économie régénérative, des outils pratiques existent comme la démarche de prospective stratégique territoriale, le diagnostic territorial orienté RH ou encore la GPEC Territoriale. Ces outils permettent de penser à long terme les activités stratégiques de demain, ils les mettent en cohérence avec les enjeux du territoire, les acteurs économiques et ceux de la formation. Enfin, ils permettent d’engager immédiatement les actions conduisant au changement de posture et de coconstruire un territoire mieux régénéré et humainement vivable.

Truong Giang PHAM

Le Cube Consultants

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